Voici quelques pièces avec cet émail « Vert de gris »:
ref 70 042ref 20 055ref 20 034
Pour réaliser cet émail « Vert de gris », mon point de départ était mon émail Blanc auquel j’ai ajouté de l’oxyde de chrome vert dans différentes proportions:
L’échantillon 1 et 3 (point rouge) retiennent mon intérêt, je conserve ces concentrations en chrome.
L’oxyde d’étain (faisant partie de mon émail Blanc) est une matière première assez onéreuse. D’après la littérature, il est possible d’utiliser du silicate de zirconium en guise de suppléant. Je remplace donc l’oxyde d’étain par le silicate de zirconium. J’utilise les 2 concentrations de chrome sélectionnées au-dessus et fais varier le silicate de zirconium en deux concentrations différentes:
En haut, on retrouve la faible concentration de chrome et en bas la concentration un peu plus importante. Les essais du bas se rapprochent trop de mon émail « Vert nature« . Par conséquent, j’abandonne les essais avec la concentration de chrome plus élevée et me concentre sur l’échantillon (avec le point rouge), celui avec le plus de silicate de zirconium.
Je décide de procéder à un test sur de plus grandes pièces pour voir le résultat:
L’émail n’est pas très couvrant du fait de l’application au pinceau. Je réalise un test d’épaisseur (lien pour construire un outil pour mesurer l’épaisseur de l’émail):
Pour réaliser cet émail « bleu pervenche », je suis parti de mon émail blanc auquel j’ai ajouté du cobalt dans différentes proportions:
Précédemment, j’avais sélectionné le quatrième échantillon pour confectionner mon émail bleu Majorelle (faire lien). Aujourd’hui, je décide d’exploiter le second échantillon (point rouge) pour tenter de développer un émail plus clair.
L’intérêt de recherches à partir d’une même base d’émaux, en l’occurrence mon bleu Majorelle et mon bleu pervenche (seules les proportions d’oxydes métalliques changent), est de pouvoir tirer profit des tests précédemment effectués pour accélérer la mise au point d’une nouvelle couleur!
Ici, le test effectué pour le bleu Majorelle avec les différentes proportions d’étain :
me permet de passer cette étape, tout comme celle d’une grande variation de silicate de zirconium.
Je décide par conséquent de tester directement deux proportions de silicate de zirconium qui étaient intéressantes lors du développement du bleu Majorelle.
Je décide de sélectionner l’échantillon de droite, celui contenant le plus de silicate de zirconium qui me procure un émail plus clair.
On passe sur le test sur des pièces un peu plus grandes :
L’émail n’est pas très couvrant, sans doute dû à l’application au pinceau.
Je décide alors de réaliser un test d’épaisseur (lien pour construire un petit outil pour mesurer l’épaisseur de l’émail) :
Voici quelques pièces avec cet émail « peau d’éléphant »:
ref 60 007 & 50 011ref 20 050ref 70 015
Pour réaliser cet émail « peau d’éléphant », mon point de départ était mon émail blanc auquel j’ai ajouté du nickel dans différentes proportions :
Les échantillons 1 et 2 (point rouge) retiennent mon attention, je conserve donc ces concentrations en nickel. Dans cet article, nous allons suivre la progression des essais à partir de l’échantillon n°2. Vous pouvez suivre la progression et l’obtention d’un autre émail, que j’ai nommé « chair », en suivant ce lien : (faire lien)
L’oxyde d’étain, faisant partie de mon émail blanc, est une matière première assez onéreuse. D’après la littérature, il est possible d’utiliser du silicate de zirconium en guise de suppléant. Je remplace donc l’oxyde d’étain par le silicate de zirconium. J’utilise les 2 concentrations de nickel sélectionnées ci-dessus et fais varier le silicate de zirconium en deux concentrations différentes :
En bas, Nous retrouvons la concentration un peu plus importante. Nous obtenons bien notre aspect un peu moucheté!
Je poursuis les recherches avec l’échantillon du bas et procède à un test sur de plus grandes pièces pour constater le résultat :
Résultat très intéressant!
Je réalise ensuite un test d’épaisseur (Pour réaliser des tests d’épaisseurs, vous trouverez un article ici).
Nous confirmons les résultats obtenus précédemment! L’épaisseur n°3 est celle qui me paraît la plus adaptée à mes futures pièces.
Pour réaliser cet émail « liège », mon point de départ était mon émail blanc auquel j’ai ajouté du fer dans différentes proportions:
Les échantillons 3 et 4 (point rouge) retiennent mon attention, je conserve donc ces concentrations en fer.
L’oxyde d’étain (faisant partie de mon émail blanc) est une matière première assez onéreuse. D’après la littérature, il est possible d’utiliser du silicate de zirconium en guise de suppléant. Je remplace donc l’oxyde d’étain par le silicate de zirconium. J’utilise les 2 concentrations de fer sélectionnées ci-dessus et fais varier le silicate de zirconium en deux concentrations différentes:
En haut, nous retrouvons la faible concentration de fer et en bas une concentration un peu plus importante. Les essais du bas fournissent un marron que j’estime quelconque, j’abandonne alors cette piste. Par contre, l’échantillon avec moins de fer et le plus de silicate de zirconium me donne un émail moucheté intéressant. Je poursuis les essais à partir de cet échantillon (avec le point rouge).
Je procède alors à un test sur de plus grandes pièces afin d’observer le rendu :
Ici, le résultat me plait bien! Je décide de faire un test d’épaisseur avant de l’ajouter à ma collection:
(lien pour construire un petit outil pour mesurer l’épaisseur de l’émail) :
Pour aboutir à cet émail « jaune de fer », je voulais en fait obtenir un « bleu de fer » (vous pouvez consulter l’article ici lien bleu de fer). J’ai effectué une recherche en triangle dans le diagramme 25 :
Je retiens l’échantillon 2ème ligne, premier à gauche (point rouge), pour effectuer une recherche autour d’un jaune de fer :
Je fais varier l’oxyde de fer :
En prenant l’échantillon le plus à droite, j’effectue une recherche avec la méthode de la croix :
Je sélectionne alors l’échantillon de gauche pour effectuer un essai sur une pièce plus importante :
En partant de l’échantillon de gauche, je tente de rajouter de la silice car l’émail est très coulant :
Les échantillons sont alors certes moins coulants mais plus vraiment exploitables, du fait que l’émail n’est plus fusible non plus.
Je teste aussi l’épaisseur de l’émail, et c’est, finalement, ce paramètre qui va résoudre les problèmes :
Nous nous apercevons que l’échantillon n° 2 ne coule pas et développe un joli jaune tressaillé.
Je réalise ensuite un test sur une plus grande pièce avec une préparation d’émail en plus grande quantité :
Le résultat obtenu me paraît intéressant, bien qu’il me reste à comprendre pourquoi le bleu et la cristallisation n’apparaissent pas partout ni lors de chaque essai. Je décide, comme pour le « bleu de fer », d’effectuer un nouvel essai avec tamisage et un autre sans tamisage, pour constater si ce paramètre peut avoir un effet :
Au vu du résultat obtenu, que l’on peut considérer comme identique sur les trois échantillons, je décide donc de refaire un test d’épaisseur :
(lien pour construire un petit outil pour mesurer l’épaisseur de l’émail)
L’essai est plus ou moins concluant. Nous remarquons que l’émail ne doit pas être posé épais, sinon c’est cata!
Ce bel émail vert d’eau a été découvert par hasard! C’est la beauté des recherches de nouveaux émaux! Parfois, on découvre des choses (souvent pas esthétiques) mais on a de belles surprises de temps en temps. Il faut essayer d’interpréter ce que l’on voit et effectuer de nouveaux tests pour mettre au point un nouvel émail.
Celui-ci a été obtenu en effectuant des recherches pour mettre au point mon émail vert lichen. En effet, celui-ci me paraissait trop coulant. Dans le but de le rendre plus visqueux, j’ai tenté de faire varier la présence de silice et j’ai obtenu ceci:
Le résultat obtenu avec le plus de silice (point rouge) nous donne un vert bleu pour le moins inattendu mais pas moins intéressant!
J’essaye de l’appliquer sur une plus grande pièce:
La couleur apparaît mais de manière assez disparate, sans doute due à la méthode d’application (pinceau). En effet, en appliquant l’émail au pinceau, il est souvent difficile d’obtenir une épaisseur identique sur l’ensemble de la pièce. Ici la couleur apparaît sur les zones où l’émail est le plus épais.
Afin de comprendre un peu mieux cet émail, on procède à un test d’épaisseur ( Vous avez un petit descriptif de la fabrication de l’outil ici ):
On voit clairement que les 2 premières épaisseurs ne font pas apparaître le vert d’eau. L’épaisseur n° 3 est celle à essayer de reproduire. A partir de 4, l’émail devient coulant.
L’émail vert d’eau obtenu ici se compose pour une grande partie de cendre de chêne!
Pour cet émail que je nomme bleu d’huile, je suis parti de mon émail rouge d’huile. J’y ai ajouté de l’oxyde de cobalt en différentes proportions:
Très peu visible, mais une couleur verte et bleutée apparaît sur les 2ème et 3ème échantillons.
Je décide de poursuivre des recherches avec les concentrations en cobalt des 3 premiers échantillons et en faisant varier cette fois l’oxyde de fer, en haut cobalt à 0,1%, au milieu 0,5% et en bas à 1%, et de gauche à droite de 5 à 9 % d’oxyde de fer.
Gros plan des trois échantillons en bas à gauche:
Sur les échantillons à 1% de cobalt, la teinte vert/bleu apparaît plus clairement mais le tout reste assez sombre. Je pensais, qu’en diminuant la concentration d’oxyde de fer, voire cet aspect goutte d’huile disparaître mais ce n’est pas le cas!
J’entame 2 tests en parallèle: une méthode en croix à partir de l’échantillon à 5% d’oxyde de fer:
… et je continue à descendre la concentration d’oxyde de fer:
La méthode en croix ne nous apporte pas grand chose, on s’aperçoit que les essais restent très foncés. Par contre, la baisse de la concentration en oxyde de fer fait apparaître encore un peu plus ce bleu!
Je décide alors de tester les 2 échantillons de gauche sur de plus grande pièces pour voir le résultat:
Je procède à un autre test en baissant (encore )l’ox de fer (échantillon):
Ici, ce n’est plus ce que je recherhce, à savoir le phénomène goutte d’huile.
Je reprend mes formules au dessus et fait un test en jouant sur l’épaiseur (voir ici pour l’explication de la construction de l’outil):
Au milieu je trouve la bonne épaisseur pour faire apparaître les tâches dû à la présence d’oxyde de fer rouge ( voir l’article sur le rouge d’huile ). Après test de cet émail avec cet épaisseur j’obtiens:
Je précise que cet émail est d’autant plus énigmatique car il est très difficile de prendre en photo. En effet, à la lumière du jour il apparaît toujours beaucoup plus bleu que sur les photos, j’ai beau essayer plein de réglage, de point de prise de vue, d’appareil… il est très compliqué de retrouver la couleur de cette émail sur les photos..
Si l’on revient sur le test d’épaisseur, je trouve aussi l’émail très interessant quand il est posé épais! Malheureusement il n’est pas nappé. Je pourrais certainement augmenter mon palier de fin de cuisson mais ça impacterait aussi mes autres émaux. C’est pourquoi je préfère garder une courbe de cuisson identique et travailler sur la composition de l’émail. Je poursuis donc mes recherches et fait varier chacun des constituants séparément pour voir ce qui peut rendre l’émail un peu moins visqueux afin d’avoir un nappage.
Ce test est très intéressant, on voit suivant la matière première que l’on fait varier l’impact de celle-ci. Ici en haut, on retrouve notre échantillon témoin. Sur la deuxième ligne à droite c’est l’échantillon avec un peu plus Nephline Syenite. Sur la troisième ligne à gauche, il s’agit de l’échantillon avec un peu moins de kaolin. Ce sont les 2 échantillons qui apparaissent aussi bien que l’échantillon témoin.
Je décide de tester ces 2 là sur des pièces plus grande pour voir si ça vaut le coup d’aller plus loin ou si je reste sur mon échantillon témoin.
l’essai avec plus de Nephline Syenite:
On remarque que cet essai donne des résultats très similaires à ce que j’avais obtenu initialement.
L’essai avec moins de kaolin:
En ajoutant du kaolin, on aperçoit que le phénomène goutte d’huile apparait beaucoup mieux. C’est donc cette solution que je vais choisir!
Pour obtenir cet émail vert lichen tressaillé, mon point de départ était mes premières recherches avec la cendre de chêne, grâce à laquelle j’ai obtenu un émail tressaillé transparent. Je décide de conserver cette même base et d’y ajouter des oxydes métalliques de cuivre en différentes proportions:
Nous retrouvons le tressaillage obtenu et nous obtenons de surcroît une couleur verte. Nous pouvons remarquer cependant un émail très coulant. Pour rendre l’émail moins coulant, j’augmente le taux de cendre (en haut), puis j’augmente le taux de nepheline Syenite (syénite néphélinique ?) (en bas). Le résultat est déroutant:
Il semble n’y avoir aucune différence entre ces essais… J’abandonne donc le changement de constitution de l’émail. En partant de ma recette du milieu, j’essaye d’appliquer cet émail sur une pièce plus importante:
Le côté positif est que je retrouve la couleur et le tressaillage. Le côté négatif: l’émail est très coulant et a l’air très impacté par l’épaisseur puisque nous pouvons observer en haut de la pièce des zones non émaillées. L’émaillage de cette pièce a été réalisé au pinceau, d’où les différences importantes sur la pièce.
Il me parait primordial de tester l’épaisseur de cet émail (lien pour construire un petit outil pour mesurer l’épaisseur de l’émail) :
Nous pouvons observer, comme pour mon émail transparent tressaillé, un émail coulant quand il est posé épais. L’échantillon idéal se situe entre l’échantillon 2 et 3.
Comme pour la version transparente de cet émail, nous pouvons davantage mettre en évidence les craquelures dues au tressaillage. Pour cela, nous procédons à l’ajout d’encre de chine qui va s’infiltrer dans les craquelures.
Pour réaliser cet émail « bleu Majorelle » (bleu que l’on trouve partout lorsqu’on visite le fameux jardin de Majorelle à Marrakech), mon point de départ était mon émail blanc auquel j’ai ajouté du cobalt dans différentes proportions:
L’échantillon 4 (point rouge) retient mon intérêt, je conserve cette concentration en cobalt et je fais varier l’oxyde d’étain utilisé, en principe, pour matifier l’émail:
On observe très bien l’impact de l’étain sur cet émail. Ce dernier se matifie clairement lors de l’ajout d’étain et devient par la même occasion plus visqueux (moins coulant).
L’oxyde d’étain est une matière première assez onéreuse. D’après la littérature, il est possible d’utiliser du silicate de zirconium en guise de suppléant. Je remplace donc l’oxyde d’étain par le silicate de zirconium et je le fais varier dans différentes proportions, ceci dans le but de pouvoir comparer le pouvoir matifiant de chacun des oxydes:
Effectivement, après comparaison des résultats, le silicate de zirconium apporte un effet similaire à l’oxyde d’étain. Je choisis donc cette option. Je sélectionne l’avant-dernier échantillon (point rouge) et le teste sur des pièces un peu plus volumineuses:
Le résultat me satisfait! Cet émail rejoint ma collection!
Afin d’obtenir cet émail transparent avec tressaillage, j’ai débuté une recherche autour de la cendre de chêne, en mélangeant, en proportions égales, de la cendre de chêne et de la Nepheline Syenite, tout en ajoutant de la silice dans différentes proportions:
L’échantillon en bas à gauche contient le moins de silice. Je décide de continuer à abaisser ce taux puis, lorsqu’il est nul (échantillon en haut à droite), je procède à un ajout d’alumine par l’intermédiaire de kaolin pour observer la réaction:
Je sélectionne l’échantillon (en haut à gauche) où l’on peut voir un beau tressaillement (craquelure de l’émail dû à une différence de dilatation entre l’émail et le tesson).
Cet émail parait satisfaisant, je décide d’essayer cet émail sur une pièce plus importante:
J’obtiens alors un joli tressaillage. Je vais poursuivre mes recherches en ajoutant des oxydes métalliques à cet émail que vous pourrez suivre dans d’autres articles. Je vais également faire un test d’épaisseur (voir ici pour l’explication de la construction de l’outil): avec cet émail transparent:
On voit que l’émail est très coulant si posé épais. Le deuxième échantillon correspond à l’épaisseur que l’on essaiera de reproduire. Ceci afin d’obtenir un joli tressaillage sans pour autant trop de coulures.
Et une dernière petite astuce pour faire ressortir le tressaillement sur la pièce: on ajoute au pinceau de l’encre de chine sur la pièce. L’encre va s’infiltrer dans les fissures. Une fois l’encre sèche, il suffit de nettoyer l’encre en surface de l’émail. Et l’on obtient un super effet. J’ai éffectué l’opération sur le verso de l’échantillon 2 présent au dessus: